Jour 5

Cinquième jour, Moingt à Fraisse

Comment retranscrire au mieux cette journée ? Nous parlions de montagnes russes émotionnelles il y a quelques jours, alors restons sur cette image. Maintenant imaginez une formidable montée grâce à la nuit passée chez Isabelle et Pierre mais surtout imaginez une longue descente. Mais pas n’importe quelle descente, plutôt celle du genre qui vous ballotte dans tous les sens, teste votre aptitude à rester accroché au wagon et à ne pas rendre votre petit déjeuner.

Tout commence par une visite chez le docteur Simon. Florent se plaint d’une drôle de sensation dans la roue arrière. Le diagnostic tombe comme un coup de massue : une hernie pneumatique, il faut soit se débarrasser du cycliste soit changer de pneu, un samedi 14 juillet. Après un regard vers le bas de la falaise, et une petite hésitation, le groupe se ravise et docteur Simon (que l’on nomme aussi le Mac Guyver de la ficelle), pose un garrot artisanal pour atteindre le seul commerce ouvert du coin, quelques kilomètres plus loin. Nous entrons plein d’espoir dans le Super U, et nous sortons brocouille. Étant dépités nous errons sur le parking et c’est alors que nous rencontrons Guillaume. La situation se débloque enfin, nous attendrons sur le parking pendant que le reste du groupe sera amené par une âme plus que charitable dans un Intersport à côté de Saint Étienne. Merci à Guillaume, qui aura joué les chauffeurs au grand cœur.

Un retard accumulé d’une bonne triplette d’heures, le groupe repart dans l’ascension du Massif Central. Personne n’ose réellement lever les yeux au ciel, sait-on jamais, peut-être qu’en ne regardant pas les nuages d’un noir cauchemardesque, ils disparaîtront comme un mauvais rêve. Un grondement se fait entendre, la pluie chue sur les visages, le mauvais rêve rappelle brusquement sa pénible existence. Merci à Florent, qui aura joué les porte-poisses au grand cœur.

La journée se termine à Fraisse, petit village perdu dans le Massif, dans un sec tout relatif. Il ne pleut plus, mais nous sommes entourés d’un ciel noirâtre. Florent se lance dans un pronostic climatique :  » Mais non, les nuages partent ». Le regard de ses compères tout aussi menaçants que le ciel se tournent vers lui. « T’en as déjà assez fait aujourd’hui », semblent ils vouloir dire, se remémorant peut-être cette fameuse falaise avec une pointe de regret.

La nuit tombe, la fatigue écourte une journée bien longue. Au loin retentissent des détonations, mais elles sont bien trop rapprochées pour être d’origine météorologiques. Le 14 juillet et ses festivités battent leurs pleins, et sans qu’on ne puisse en apercevoir un bout, nous rappellent que la civilisation n’est pas si lointaine et que demain sera un autre jour.

Le matin même de cette journée, Alexandrine nous rappelait que dans les difficultés, les amitiés se révélent au grand jour. Nul doute que celle-ci sont fortes à présent, car la journée s’est terminée encore une fois sur des rires et sans meurtre.