Jour 12

Douzième jour, Perpignan à Banyuls sur Mer
 
Ayant tant roulé la veille malgré l’accumulation de sales moments, nous avions convenu que pour une fois, nous ferions une pause et que ce ne serait pas lié à un coup du sort.
Non cette fois-ci, nous serions les seuls maîtres de notre destin.
 
Et cela commence par une bonne grasse matinée, dans tous les sens du terme. Un petit déjeuner royal grâce aux « restes » généreusement laissés par nos hôtes (les parents d’Alexandrine) et nous voilà partis ! À pieds !
Au Diable le douloureux moment de la première confrontation matinale avec nos selles, celui-ci attendra !
 
Presque deux semaines de vélo et on en aurait presque oublié que l’on peut se déplacer autrement qu’en pédalant. Les jambes sont lourdes mais les cœurs légers, nous flannons dans les ruelles de Perpignan. Alexandrine, familière des lieux, nous organise une petite visite de la cathédrale à une pâtisserie pas piquée des hannetons.
 
Soucieux de profiter au mieux de notre confort passagé, nous nous organisons un repas digne de ce nom, concoctés à partir de ce que nous avons pu trouver au marché. Il s’agit de prendre des forces, chose prise au sérieux par Florent, qui s’enfile trois Pastis avant de repartir, fleur au fusil. Une formidable idée qu’il payera tout l’après-midi, se plaignant d’un mal de tête propre à celui qui, récolte les fruits de son audace alcoolisée.
 
Un objectif raccourci aujourd’hui, une cinquantaine de kilomètres au programme pour rejoindre la côte méditerranée qui rallie l’Espagne et la France. Nous remontons sur nos vélos. La selle nous dévore l’arrière train mais nos fesses épousent encore merveilleusement bien cette forme si particulière.
 
Au loin, les Pyrénées, que nous prenons bien soin d’éviter au maximum. Courageux mais pas téméraires, comme il se dit.
 
Après une journée de souffrance, il est agréable de profiter d’une route plus clémente. Et là, au détour d’un virage, nous retrouvons la mer et un bord de côte magnifique.
 
La journée se finit au camping municipal de Banyuls sur Mer, à portée de la frontière espagnole.
Notre campement s’établit au très réputé emplacement numéro 195. Réputé pour son sol caillasseux imperçable et son bord de falaise qui laisse tout juste la place pour une tente.
 
Mais il faut avouer que retrouver le confort d’une tente après deux nuits passées dans le luxe a quelque chose de sympathique.